A cet instant, j'ai décidé que j'irais au bout de cette idée. J'ai décidé de détruire quelqu'un, briser une existence, massacrer un destin, par hasard, et tout à fait injustement, choisir un innocent, quelqu'un qui pourrait être heureux, qui n'a pas encore été corrompu, qui croit en tout, la vie devant lui, l'espoir, et en faire une épave dans mon genre, quelqu'un qui dort en ce moment rêve d'amour & d'avenir, sans se douter une seconde que je viens de décider sa perte.
& juste à cet instant, j'ai cessé de m'ennuyer.
Tout ce que je ressentais, c'était la faim. Une faim terrible, que j'aurais pu appeler manque, besoin, impuissance, frustration, vide, & qui m'obsédait, me rongeait, m'engloutirait bientôt.
Qui gâchait mes journées, qui pourrissaient mes nuits, me tenant éveillée de longues heures maudites, de longues heures de tortures ou j'aurais pu trouver un peu de répit, qui décolorait l'aube et le ciel, plombait les musiques les plus gaies, changeait les airs de danse en marches funèbres, les films comiques en tragédies grecques, la nature en désert et mes rêves en poussière.
C'était comme une fièvre, une mauvaise défonce, une crise de manque, cette faim impossible à assouvir dont j'étais possédée.
Bubble Gum.

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